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Création d'une affiche

Le catalogue raisonné des affiches de Cappiello présente différents types d'oeuvres: les vignettes, les esquisses, les photos peintes, les maquettes, les lithographies. Chacune correspond à une étape pour aboutir aux affiches qui seront collées sur les palissades des villes ou exposées à l'intérieur des boutiques.

Les vignettes

Un client demande une affiche pour un produit déterminé. Comment Cappiello va-t-il la concevoir ?

Son imagination est sans limite. Il a mille idées à l’heure ; il jette sur le papier la première qui lui vient à l'esprit, sur n’importe quel "bout de papier" souvent de la taille d'un timbre poste, le coin d'une enveloppe, le dos d’une liste de courses, un faire part de mariage, etc... La surface du papier est utilisée dans tous les sens. Puis il travaille l’idée jusqu'à obtenir l’arabesque finale.

Ces graphismes sont réalisés à la plume ou au crayon.

Mais Cappiello pense en couleurs. Des indications en ce sens sont fréquentes.

Les esquisses

Cappiello commence ensuite l’esquisse sur une feuille de papier. Au fur et à mesure de l’évolution de son imagination, il a besoin de plus en plus d'espace. Il doit coller des bandes de papier supplémentaires en haut, en bas, à droite ou à gauche. Il n’est pas rare de voir des ajouts sur les 4 côtés.

Les dimensions finales des esquisses vont de 50 x 40 cm pour les plus petites à 100 x 80 cm pour les plus grandes.

Il dessine rarement deux esquisses pour la même idée (exception : Equipneu N°1931003E0 et N°1931003E1). Il ne revient ni sur le thème ni sur l’arabesque qu’il a retenus. En général, s’il y a deux exemplaires le deuxième est plus abouti et comporte des lettres.

Chez Devambez la technique évolue. Pour bien présenter l’esquisse au client, l’atelier Devambez colle l’œuvre sur un papier fort ou sur un carton. Se succèdent ensuite un passe-partout et un rabat protecteur. Sur le dessus du rabat une étiquette de Devambez indique le titre de l’œuvre suivi d'un numéro d’inventaire compris entre 5000 et 6101. Parfois une ficelle traverse la partie supérieure du passe-partout par un œillet. Cette ficelle permet de suspendre l’esquisse et facilite la présentation aux clients.

Les photos

Beaucoup d'esquisses ont été photographiées pendant la période Vercasson, en noir et blanc puisque la couleur n'était encore qu'exceptionnelle.  Certaines ont été collées dans un album.

Pendant la période Devambez, la méthode s’est systématisée. Les photos ont été prises en 18 x 24 cm. On en a profité pour faire des albums. Une seule photo est collée par page. A chaque fois est mentionné le nom de l’œuvre, sa date de création et le numéro d’inventaire. Une partie est réservée à la gestion des prêts de l’œuvre.

Le Musée des Arts Décoratifs à Paris détient un exemplaire de quelques albums.

Les photos peintes

La taille des esquisses rend leur présentation au client mal aisée. C’est pourquoi Cappiello, Vercasson et surtout Devambez ont recours aux photos peintes.

Les photos prévues pour les albums sont tirées en plusieurs exemplaires. Une au moins est peinte. 

Chez Devambez la photo est collée sur un carton et peinte comme l’original, encadrée avec un passe-partout éventuellement mieux centrée. L’ensemble est doté d’un rabat pour le protéger. Au dos, il y a en général le tampon « Devambez » et le  numéro d’inventaire.

L’ensemble fini mesure toujours sensiblement 25 cm x 32 cm.

L'avantage de ces photos est de permettre à Cappiello de faire facilement des variantes en les peignant différemment. Par exemple un recadrage, un changement de couleur, l’ajout ou la suppression d’un détail, l’ajout de lettres (exemple : « Pâtes alimentaires » ou « Sanitas » .

Dans la période Vercasson, les photos peintes sont généralement signées. Ce n'est pas le cas pour la période Devambez.

 Elles ont parfois servi de bon à tirer.

Les maquettes

Une fois l’esquisse validée par le client, Cappiello entreprend son agrandissement qui peut aller jusqu’à  200 x 130 cm. Il travaille sur du papier, au fusain, à la gouache et/ou au pastel. Ses fonds sont souvent de grands aplats à la détrempe très travaillés. Ce qui leur donne une texture qui met en valeur l’arabesque et interdit toute monotonie. Dans le dessin de nombreux détails ajoutent de la vie au sujet (exemple "Contratto": les touches blanches de la robe dissymétriques lui donne de la lègereté, la mousse dessinée au pastel est particulièrement évanescente). C’est à ce niveau que le talent de Cappiello se sublime et fait de ces maquettes de véritables chefs-d'oeuvre.

Malheureusement une maquette ne suffit pas toujours pour séduire définitivement un client. Une deuxième est nécessaire. Parfois la maquette n’est même pas vendue. Elle est alors proposée à d’autres clients. C’est le cas de celle faite pour du champagne (N°1902002M0) finalement vendue avec une petite adaptation au « Suc du Velay ».

Lorsque la maquette définitive est vendue, elle sert de bon à tirer.

Pour les besoins d’exposition, ces maquettes sont entoilées et mises sur châssis. Ensuite, pour faciliter leur stockage, elles sont déposées de leur châssis, soit par enlèvement des clous soit par découpage à la lame de rasoir. Dans le catalogue raisonné les dimensions que nous avons données sont les dimensions du chassis ; on ne tient pas compte des retours ou morceaux de retours qui étaient cloués sur les bords du châssis.

Les lithographies

L’affiche est imprimée suivant le procédé de la lithographie. Chaque feuille est pressée sur une pierre gravée en creux, remplie d’encre d’une seule couleur, et cela autant de fois qu’il y a de couleurs différentes.

Pendant cette opération Cappiello assiste à l’opération. Il apporte lui-même, si nécessaire, de petits ajustements sur la pierre et contrôle les couleurs.

Dans ces conditions l’affiche est dite «originale». Pour les retirages, la présence de Cappiello n’est pas systématique.

Certaines affiches ont été tirées pour la première fois, sans la présence de Cappiello. C'est le cas, par exemple, des Parfums Blamys. L'affiche, propriété de Vercasson, a été vendue aprés la fin du contrat avec Cappiello. C'est le cas aussi, de Barbier Dauphin éditée aprés la mort de Cappiello. Dans ces cas la signature est complètée par la mention : "D'après".